Souvenez-vous, il y a quelques semaines, la rencontre entre Barack Obama et Hugo Chavez au Sommet des Amériques.
C'était le point de départ, espérons-le, d'une meilleure coopération entre les Etats-Unis et les différents pays sud-américains. Une nouvelle page qui s'ouvrait
loin des ravages diplomatiques de l'administration Bush...
Mais Obama a beaucoup de retard à rattraper et il devra mettre à profit toute son habilité diplomatique pour parvenir à instaurer un rapport de confiance. Ce qu'il a tenté d'appliquer en
expliquant sa position sur Cuba et en appliquant une démarche "d'élève" face au grand "Marabout" Chavez... Humilité, écoute, respect. C'est déjà un bon point de départ.
Lors de cette rencontre le monde entier a effectivement retenu l'image, à la fois d'une poignée de mains symbolique entre les deux hommes mais également l'image
d'un Hugo Chavez qui tend à Barack Obama un livre sous entendant un message percutant pour "enfoncer le clou" face à "l'élève" Obama. Le président vénézuelien est un habile communicant.
Car ce cadeau a une forte charge explosive et symbolique que tout le monde ne préfère se souvenir que dans les grandes lignes...Les veines ouvertes de
l'Amérique Latine, écrit par Eduardo Galeano, est considéré comme un grand classique sud-américain.
Il raconte siècle après siècle, le pillage implacable des différents pays de l'Amérique Latine par les grandes puissances étrangères, Les Etats-Unis mais également l'Europe avec son lot de
grandes puissances, Portugal,Espagne, Angleterre, Hollande...Incroyablement bien documenté, Galeano démontre les mécanismes par lesquels ce continent si riche et promis à un bel avenir, s'est vu
dépossédé et fragilisé par la soif de conquête sans limites des européens et américains...
Même si évidemment le livre a un peu vieilli; il date de 1971; il reste une référence incontournable pour expliquer la genèse de la pauvreté et du
sous-développement actuels que subissent de plein fouet les pays de l'Amérique latine... Paradoxalement, il dresse un tableau noir sur la façon dont certaines puissances de nos contrées
occidentales ont gagné en prospérité. A rougir de honte et à lire de toute urgence pour comprendre en partie la situation actuelle des différents pays d'Amérique latine.
Par Bab's
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Ces derniers temps, j'ai lu...beaucoup. Pour mon travail (même si je considère que ce n'est pas vraiment un "travail" dans ces cas-là) et pour mon plaisir.
Voici trois livres que je voulais vous faire découvrir et qui, chacun dans son style, m'ont séduits, amusés, évadés, répondant ainsi à mes attentes du moment...
L'interprétation des meurtres de Jed Rubenfeld (Editions Pocket).
Un premier roman bien ficelé aux allures de thriller psychologique et historique.
A partir d'un fait réel, le voyage de Freud aux Etats-Unis en 1909, l'auteur l'imagine impliqué malgré lui au coeur d'une intrigue policière. Le
narrateur est un jeune médecin qui est chargé d'accompagner Freud dans ses déplacements. Mais les voici-ci tous les deux sollicités pour aider une enquête concernant le meurtre d'une jeune fille
alors qu'un autre vient d' échouer laissant la jeune victime miraculeusement épargnée...
L'atmosphère du New York du début du siècle est bien reconstituée. Manhattan n'est pas encore à son âge d'Or mais déjà on pressent les frémissements et son atmosphère si caractéristique de
Grammercy Park au Lower East Side. Tous les amoureux de la ville apprécieront. Le rythme s'accèlere crescendo et le jeu habile de l'auteur avec les mécanismes de la psychanalyse pour pimenter
l'intrigue, sont également pour beaucoup dans la réussite du roman. Un auteur à suivre!
Je l'avoue, je viens de découvrir Alan Bennett à la lecture de ce roman. Et pourtant Alan Bennett n'en est pas à sa première publication. C'est une véritable
star en Grande Bretagne pour ses pièces de théâtre, romans, séries tv, dixit la quatrième de couv de son éditeur...En tout cas, quel petit plaisir jubilatoire de lire "la reine des lectrices".
Alan Bennett imagine la reine d'Angleterre devenir une lectrice passionnée qui au fil des jours en oublie le protocole et son statut pour lire jusqu'à satieté...Tout le petit monde qui
l'entoure à Buckingham Palace s'inquiète, gesticule. On frôle la crise : la reine a-t-elle perdu la tête?! Une farce vive et fantasque avec des pointes d'humour bristish qui démontre avec malice,
le pouvoir de la lecture!
Et pour continuer dans un univers encore plus
décalé où la réalité n'a plus de prise et seule l'imagination débridée a le droit de sévir, je me suis beaucoup amusée avec le recueil de nouvelles : Banana Love de Elizabeth Crane (Editions 10 /18)
Ca pulse pas mal et dès la première nouvelle "Ma vie est super! est géniale", le ton est donné lorsque la narratrice hystéro et ultra positive nous raconte par le
menu sa vie "magnifique" qui s'avère plutôt cauchemardesque. C'est sur que le politiquement correct et la langue "polissée", merci mais ce n'est pas trop le genre de Elizabeth Crane. C'est
sur que ces héroines ont toutes l'air gentillement déglingué et cinglé (à rhabiller Bridget Jones et ses copines) mais qu'est-ce qu'elles sont bourrées d'humour même lorsqu'elles sont
desespérées! Bref, trentenaires lugubres aux idées noires, ce cocktail est encore mieux qu'un "Red bull" avec, en prime, une écriture, neuve et originale: ça fait du bien.
Par Bab's
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Que s'est-il passé dans ma vie de Zinc ces derniers temps? Et bien j'ai un peu "papillonné" à droite à gauche, fureté mon petit nez dans certaines expos. Comme
toujours mon coté boulimique et cyclique a pris le dessus. Voici quelques lignes sur les expositions qui m'ont le plus séduites. Ce ne sont bien sûr que des "coups de projecteurs" qui je l'espère
vous donneront envie d'en savoir davantage et surtout d'aller les voir.
Mon grand "coup de zinc" du moment, c'est l'expo "Le siècle du jazz" au musée du Quai Branly. Oui, "funky
girls", "crazy man", ça swingue au quai Branly et si vous êtes un aficionados du jazz ou tout simplement un curieux en soif de découverte, il faut y aller.
Le Quai Branly propose une rétrospective fleuve (compter bien deux heures pour déambuler à votre guise dans l'expo). Les temps forts du jazz sont présentés par
grandes périodes chronologiques avec un florilège de photos, anciens vinyles, peintures, dessins, extraits de musique à écouter, mini-films à visionner...C'est un régal car on découvre l'apport
indéniable du jazz sur les autres courants artistiques et la bouffée d'air frais qu'il a provoqué dans nos sociétés sans jamais cesser d'évoluer avec son temps pendant près d'un siècle.
Winold Reiss. Interpretation of Harlem Jazz.
Vers 1925, encre et aquarelle sur papier. coll. Henry Field.
Extrait du hors-série de Beaux-Arts Editions consacré à l'exposition.
Foisonnante, rythmée, ludique, l'expo respecte un tempo parfait avec une scénographie savamment orchestrée.
On y découvre les peintures de Archibald J Motley Junior. Un "coup de zinc" pour une des ses toiles peinte à l'huile en 1948,
présentant une fête dans une rue avec des saxophonistes, il fait nuit et le bleu électrique qu'il choisit pour jouer sur la lumière artificielle des réverbères, et la chaleur festive rend un
magnifique hommage à la musique. Je découvre aussi Winold Reiss, ces traits vifs, en noir, blanc et rouge qui propose tout en
rythme une illustration parfaite du jazz...Beaucoup de photos de Carl Van Vechten, portraitiste de talent, sont également présentés; révélant les plus grands artistes jazz de Bessie Smith à
Billie Holiday. Les grands peintres contemporains ont tous, à un moment donné, étaient influencé par le jazz et certains lui ont rendu un bel hommage comme en témoignent notamment les toiles de
Matisse, Dubuffet, Pollock, Basquiat...Une exposition fascinante. On a qu'une envie en sortant, faire des pas de danses et aller au New Morning assister à un concert de jazz! Ou alors pour rester dans sa "bulle" jazzy, prendre un thé en terrasse plein soleil au
café Branly...
Et puis il y a eu ce vendredi après-midi au Centre Pompidou...Une après-midi, c'est bien le temps minimum pour savourer les deux grandes
expositions de ce printemps: Kandinsky et Cadler.
Je serais incapable de vous décrire longuement la rétrospective consacrée à Kandinsky car elle est
exceptionnelle. Plus de cent tableaux y sont présentés et suivent chronologiquement les grandes périodes du peintre. On assiste à la genèse de celui qui créera l'abstraction en peinture et on
suit au fur et à mesure son évolution en fonction d'un contexte historique qui le bouleversera, l'obligera à s'installer en Allemagne puis à Paris. De Russie, en Allemagne jusqu'à Paris où il
finira sa vie, on assiste donc à la naissance d'un génie pour qui l'émotion est au coeur de son oeuvre. Laissez-vous guider par la charge émotionnelle que procure ses oeuvres. Kandinsky,
passionnée de musique, vivait sa peinture comme une partition, les formes, les couleurs ayant leur propre histoire, leurs propres codes.
Avec l'arc noir. Kandinsky
1912, huile sur
toile, 189x198 cm, coll Mnam,
Centre Pompidou, Paris, photo
Philippe Migeat.copyright RMN.
Extrait du hors-série des Editions Beaux-Arts
consacré à Kandinsky
"Fondée sur cette harmonie, la composition est une construction de formes colorées et dessinées qui existent indépendemment en tant que telles, procédant de la
nécessité intérieure et formant par cette vie commune ainsi créee, un tout que l'on nomme tableau". Extrait de son livre: Du spirituel dans
l'art.
Puis, je découvre Alexandre Cadler, un des plus
grands sculpteurs du 20e siècle. Une double formation d'ingénieur et d'artiste explique peut-être en partie son envie de confectionner des objets ludiques. Il réinvente la sculpture en proposant
des sculptures de fils de fer toutes originales. Les plus connues sont ses variations de Joséphine Baker. C'est génial, car c'est léger, linéaire, mobile. Et bien sûr, ce qui l'a fait le plus
connaître : son célèbre cirque miniature qu'il confectionne de 1926 à 1931, qui sera un peu la génèse de tout ce qu'il explorera en plus grandes dimensions par la suite. Avec des matériaux de
récup, fils de fer, bouchons de liège, morceaux de cuirs, il réinvente son monde qui le fera connaître et susciter l'admiration des artistes de l'époque qui se pressent dans son petit atelier de
Montparnasse.
De quoi ressortir le sourire aux lèvres en se disant que son univers n'a pas pris une ride et se rémémorer qu'il ne faut jamais laisser filer son âme
d'enfant!
Joséphine
Baker IV, Alexandre Cadler
vers 1928, fil de
fer, 100,5x84x21cm
Coll. Centre
Georges Pompidou, MNAM, Paris
don de l'artiste,
1966
Extrait du
hors-série des Editions Beaux-Arts consacré à Cadler
Par Bab's
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