Lundi 31 août 2009



Ca y est, c'est la rentrée littéraire, le moment que tout lecteur passionné attend avec une patience démesurée.  A la lecture de toutes les sorties, cela donne d'ailleurs un peu le tourni. On voudrait tellement pouvoir tout lire, partir à l'aventure de tous ces récits.


Pour commencer, je suis tellement enthousiaste par la lecture du dernier livre de Véronique Ovaldé que je voulais vous en faire part même si elle est déjà une des reines incontestées de la rentrée.
Lire "Ce que je sais de Vera Candida", c'est s'embarquer dans un autre monde, accepter de lâcher prise et partir vers un pays imaginaire en Amérique du Sud, bouillonnant de vie, de verve où l'écriture de l'épure cotoie le baroque.

C'est à Vatapuna précisément que se déroule ce conte et l'histoire de trois femmes d'une même famille. Trois destins sombres et forts : chacune à leur manières affronte le sexe fort et se retrouvent à enfanter une fille sans jamais pouvoir révéler le nom du père. 
Il y a Rose, la grand-mère, qui vit dans sa cabane; ancienne pute reconvertie en pécheuse de poissons volants; Violette sa fille, un peu demeurée qui elle aussi lève un peu trop vite le jupon pour quelques canettes de bières trop chèrement payées. Et puis Vera, la petite fille qui sera élévée par sa grand-mère, faute d'avoir une mère responsable...
Refusant la fatalité du destin, Véra s'enfuie de Vatapuna, du haut de ses quinze-ans. Direction "la" ville, où elle rêve d'oublier son passé pour mieux élever sa fille. La rencontre avec un journaliste de vingt-ans son ainé, Itxaga, va bouleverser sa petite vie...
Partir loin, dans cet univers tropical, pour mieux parler des relations des femmes avec leurs hommes et de leurs relations avec leurs filles...C'est ça, la force du roman. Car sans avoir l'air d'y toucher, elle nous raconte ce qu'il y a de plus universel: l'amour et les irréfutables erreurs ou liens qui se transmettent parfois. Et les enseignements qui trottent inconsciemment dans nos têtes, qu'on reprend... ou pas.
Comme Rose qui ne se lasse pas de répêter à Vera, sa petite fille: "attends les coincidences des corps" ou encore: "ces cicatrices-là, mon sucre, sont des étendards disait grand-mère Rose. Au fond, c'est un avantage toutes ces coupures bien visibles. Quand le mal qui t'est fait  est seulement à l'intérieur (mais  sache, ma princesse, qu'il peut-être aussi taraudant et violent que des coups de poings), alors ne pas perdre de vue ta colère et ta juste rage demande un bien plus gros effort".

Lire l'histoire de Véra Candida est un enchantement pour toutes ces raisons: une écriture lumineuse, un rythme entraînant, ces portraits de femmes haut en couleurs, et l'exotisme du décor dans cette contrée imaginaire, à la fois synonyme d'évasion et de réflexion emprunts de sentiments forts.

NB: A la lecture de romans, je ne peux m'empêcher très souvent d'associer le texte à l'image. Et cette fois-ci; c'est une confrontation "almodovarienne" qui me vient à l'esprit. Comme cohabiterait l'univers de Vera Candida et la plume de Véronique Ovaldé si elle pouvait rencontrer Almodovar et les héroines de Volver? Une chose est sûre, ce serait une rencontre magnifique et explosive ! 
 
Ce que je sais de Vera Candida de Véronique Ovaldé est paru aux Editions de L'Olivier.
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Jeudi 20 août 2009

L'autre jour, une amie m'interrogeait sur mes "lectures d'été" et hormis "L'année brouillard" et "Au Pays" deux livres "coups de zincs", voici une petite sélection des livres qui ont accompagné mon été parisien. J'ai trouvé ces livres idéaux pour vagabonder pendant cette trève estivale. Il n'est jamais trop tard pour vous en faire profiter!





J'ai enfin lu "Quitter le monde", le dernier ouvrage de Douglas Kennedy (Editions Belfond).
Celui dont tous les critiques étaient enthousiastes et parmi les bloggeurs, les avis étaient également élogieux, notamment le billet de Bulles d'infos. Je trépignais donc d'impatience et je n'ai pas été déçue...
Culpabilité, rédemption, destin, des thèmes forts abordés à travers l'histoire d'une jeune femme qui perd tout ce qu'elle a de plus cher et tente de se reconstruire en quittant son ancienne vie.
Douglas Kennedy est un vrai conteur qui dose savemment le rythme de l'intrigue, et nous permet de sortir la tête de l'eau pour mieux replonger dans toutes les facettes de l'histoire. Résultat, comme à chaque fois, on ne lache pas le livre. Et il est troublant de voir avec quelle justesse il arrive à se mettre dans la peau de cette femme, comment en toile de fond il livre un portrait d'une Amérique asphyxiée, à bout de souffle. C'est sombre avec au final une lumière trouble d'espoir. Du Douglas au sommet malgré quelques longueurs...

J'avoue qu'après la lecture de "Quitter le monde" qui m'a un peu plaqué au sol par les redoutables émotions qu'il procure, j'avais besoin de me rafraichir les idées et m'alléger un peu l'esprit!
Pour accomplir cette transition, une lecture d'une après-midi empreinte d'optimisme:


"L'homme qui voulait être heureux" de Laurent Gounelle ( Editions Anne Carrère).
Un instituteur en vacances à Bali rencontre un vieux sage. La première rencontre est avant tout empreinte de curiosité pour cette figure mystérieuse de l'île. Mais l'entretien va bientôt prendre la tournure d'un échange régulier et insidieux qui aménera l'instituteur à s'interroger, non sans humour sur lui même, sur sa faculté à entreprendre ce qu'il désire vraiment et sur le bonheur.
Revigorante, cette conversation entre les deux hommes nous permet de sourire et de réfléchir sur nous-même à travers le personnage de l'instituteur. Mieux qu'une séance de psy ou la lecture d'un livre pratique sur les préceptes idéaux à reproduire pour cette quête du bonheur.





A présent, direction le sud des Etats-Unis dans les années 60 avec "Le grand Santini" de Pat Conroy (Editions Pocket). 
Dans la veine d'un bon grand roman classique dans sa forme avec une intensité romanesque saisissante, il y a des livres qui comme celui-ci, mérite d'être découvert et je suis bien déçue de ne pas l'avoir lu plus tôt! Il a tous les ingrédients des livres qui se transmettent de générations en générations à la lumière des livres comme "Autant en emporte le vent": une densité emotionnelle inconstestable, une atmosphère cinématographique ( que certains ne me disent pas que le pitch du décor leur font penser à "la petite maison dans la Prairie": qu'ils viennent un peu se frotter au grand Santini!) et évidemment des personnages haut en couleur notamment Bull Meecham alias le Grand Santini, qui peut rentrer dans le panthéon des personnages de fiction qu'on n'oubliera pas de sitôt. Un sans-faute dans le genre.

Et vous croyez que mon coté un peu "Zinc" n'allait pas sortir indemne de ses lectures pleines de bons sentiments? Vous avez raison et il a fallu que je replonge dans un peu de noirceur et de folie pour sentir l'efficacité complète de ce cocktail littéraire de vacances!





Direction donc La ville de toutes les villes, New York, avec "New York Mi Amor", un recueil de Bd (Editions Castermann) qui reprend trois nouvelles des années 70-80 sur Manhattan, illustré par le génialissime coup de crayon noir et épais de Tardi. Ces histoires de polar sont dans les meilleurs mains qui soient pour rendre compte de l'atmosphère glauque, sombre mais si pleine de vie du Manhattan de cette époque avec un Tardi qui a le chic pour ressentir des atmosphères toutes plus différentes les unes que les autres.
New York a-t-elle perdu son âme? On se prend à rêver que non et on ajuste notre pistolet de gangster pour parcourir les pages et se replonger dans ce New York de bandits, loin de l'aseptisé Manhattan d'aujourd'hui.



Le cocktail commence tout juste à prendre mais il n'est pas assez relevé à mon goût: Direction donc le Guatemala où un journaliste parano expulsé du Salvador pour avoir écrit des propos à l'encontre du gouvernement en place (un poil dictatorial); se voit confier par un ami, la correction d'un rapport sur le génocide perpétré sur les Indiens par l'armée. A la lecture du rapport, notre compère perd peu à peu la raison pour glisser dans une folie qui l'amène à se retrouver dans des situations surréalistes. L'intrigue pourrait être glauque par ce thème dur mais c'est plein de vie, de fougue...de folie et l'écriture de Horacio Castellanos Moya, écrivain né au Honduras, y est pour beaucoup! "Déraison" porte indéniablement bien son nom. (Editions 10/18).
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Vendredi 14 août 2009

Lisbonne a un goût d'abondon...
Point d'adresse à vous communiquer (enfin, quelques-unes quand même: Le Chapitô et le café Pois) même si la ville s'éveille à grand pas et que l'agitation nocturne des bars et des petits restos branchés du Barrio Alto témoignent de sa fougueuse envie d'être à la page.

J'aurai plutôt envie de me souvenir de l'Alfama et de Graça, ces quartiers sur les hauteurs, avec leurs ruelles tortueuses qui grimpent, et qui laissent la latitude pour s'éloigner des quelques rues touristiques et trouver le poumon authentique et historique de la ville...Là, le ciel est d'un bleu intense, les murs blancs ou par contraste, très colorés; les mamas font le gué accoudées à leurs fenêtres, et regardent...le simple passant, les enfants jouant dans la rue, le chat qui ronronne lascivement au soleil ou les pigeons soignant leurs toilettes: tout un spectacle que la télévision ne pourra jamais égaler!Partout autour, le silence, les citronniers et les oliviers en perspective.




 

Et dans l'air, cette odeur de sardines grillées qui sont préparées sur tous les barbecues des familles ou des restaurants. Du poisson à profusion, charnu et à des prix dérisoires, dégusté à l'ombre d'une petite terrasse avec la vue lointaine sur le Tage et l'envie de partir encore plus loin...ou partir simplement de l'autre coté du fleuve; pour être aux cotés des pêcheurs, et voir la ville qui accueille, sereine de son pouvoir de séduction, le voyageur venu d'ailleurs...




Bon, vous me dites, il n'y a plus qu'à mettre un air de Fado pour conclure ce billet empreint d'une légère et inquiétante mélancolie...?! Hum non, je préfère finir par un clin d'oeil et une photo prise sur le vif dans le quartier du Chiado. J'ai adoré la fragile et très sophistiqué coupe de cheveux de ce chien: A vous de juger! 

 

 

Par Bab's - Publié dans : Sorties
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