Dimanche 5 juillet 2009

Martin Parr, on aime ou on n'aime pas, tout est question de goût. On ne peut pourtant que se rendre à l'évidence face à son ironie mordante mise au service d'une regard hors pair sur nos sociétés avec toujours cette pointe de dérision qui le caractérise pour décrire la démesure, ou simplement une réalité. C'est "la Martin Parr Touch".
 

 
L'exposition  qui vient de débuter au Jeu de Paume, lui ressemble et elle est géniale pour ça. 
Ludique, elle permet d'appréhender le grand collectionneur et photographe qu'il est, à notre guise. C'est d'ailleurs l'envie du commissaire de l'exposition qui prône peu d'explications pour sortir de notre passivité et aiguiser notre imagination.
 
Martin Parr est un collectionneur engagé, et sa collection est empreinte d'un écclectisme qu'on lui envie. On découvre qu'il possède la plus importante collection privée de photographies britanniques (notamment documentaires: de Chris Kilipp ou Graham Smith...). Sa collection est aussi constituée de photographes contemporains du monde entier: de grands maîtres qu'il admire comme William Eggleston ou la fine fleur de la photo japonaise avec Rinko Kawauchi ou Osama Kanemura, aux photographes hollandais et aux jeunes photographes comme le sud-africain, Pieter Hugo.
 
C'est un photographe engagé. Pas dans le sens immédiat du terme, à couvrir des conflits par exemple mais dans son approche et dans ce qu'il raconte.
Comme la commande de portfolios spéciaux qu'il a accepté de réaliser pour le Guardian où l'on découvre des portraits de "vrais gens" et des paysages de dix villes du Royaume-Uni.
"De vrais gens" face à un vrai et sinistre désoeuvrement.
Loin des thés et des gloussements convenus de Buckingham palace. Le Royaume-Uni sans strass et ni paillettes. Et il livre un regard sans tristesse, ni mélancolie sur la situation. Juste une réalité exprimée, des gens tels qu'ils sont. Avec une certaine empathie sans illusion.
Comme cette grand-mère qui parait minuscule dans ce grand supermarché où les panneaux de promo et les boites de conserves surenchérissent de mauvais goût par leur abondance et leurs couleurs criardes accentuées par la lumière artificielle.
 
Son engagement est éclatant dans son dernier sujet qu'il présente à cette occasion au Jeu de Paume: Luxury.
Ou comment les nouveau riches définissent de régles du jeu de la Consommation. Ou plutôt comment la mondialisation ouvre les frontières du mauvais goût, du tape-à-l'oeil, de l'argent clinquant.
De la Russie à Dubai, le regard du photographe est magnifiquement esthétique et féroce pour décrire cette réalité qui frise l'écoeurement et la fascination. 
Il traque une femme maquillée à outrance, des brushings et des chapeaux sophistiqués à souhaits, un diamant au cou d'un chat qui semble aussi interloqué de cette fantaisie grotesque que le photographe lui-même...
On regarde à la fois amusé et hypnotisé, ce flot de couleurs et de surenchère grotesque, défilés sous nos yeux. Et on se dit que tant de contraste dans ces pays émergents invite à présager du pire.Tout le talent du photographe est là. Nous faire réfléchir et nous bousculer pour que tout cela ne nous paraisse jamais convenu.


                                        Martin Parr. Russia, Moscow. Fashion Week, 2004.
                                                  de la série "Luxury".
                                                 


En dehors des murs, l'exposition se prolonge face au jeu de Paume, dans le parc des Tuileries. Encore une fois, Parr s'empare avec ironie des situations cocasses ou insolites de certains moments de vacances et nous amène à nous interroger sur la notion même du voyage aux limites de la mondialisation et du "prêt à fabriquer" artificiel pour certains.
A bon entendeur...Bonnes vacances à tous! 
 
   
Par Bab's - Publié dans : Expositions - Communauté : l'art pour tous
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Mercredi 1 juillet 2009
Il a un grand et sympathique sourire Joe Big Big, invité de cette première "Nuit des Artistes"  créé et organisée par l'association Artistic' à Saint-Germain-en-Laye.
Il fait des sculptures en fil de fer. Ici sont présentes des miniatures, une première approche de son travail.
Mais il fait surtout des oeuvres parfois monumentales que l'on peut retrouver ici et là dans un jardin public en Belgique ou dans une ville du Sud de la France.
Joe Big Big a trouvé son style, sa matière, celle qui le différencie parmi tant d'autres. Il lui a fallu pourtant quelques années de tatônnements...
Il a, à présent, une "patte" inégalable, une habilité et du génie pour rendre dans ses mains "l'idée", celle qui prendra vie dans un amas de ferraille, du métal recouvert de grillage.
Le talent d'un artiste, c'est finalement la façon dont il exploite, "combat", avec un amour irraisonné, un matériau parfois hostile. Je suis toujours surprise de voir comment, après ce dur et jouissif labeur, un sculpteur peut fusionner avec cette matière, pour en créer "son" univers. 
Joe Big Big fascine par ce talent, cette façon d'apprivoiser le fil de fer, pour le rendre aérien, et apporter davantage de mouvement, d'énergie, d'expressivité dans ses réalisations, des personnages qui ont une histoire, prisonniers, exilés, voyageurs,  femmes, animaux... 
"La vie" me dit-il tout simplement.
 
         

Joe Big Big est aux cotés de Ousmane Sow, sculpteur sénégalais de renommée internationale, un digne représentant de la vitalité de la sculpture contemporaine africaine, de cette diaspora d'artistes qui ont du quitter pour certains, leur pays natal, pour venir en France ou ailleurs, travailler et partager leur art. 

C'est un artiste qui mérite d'être encore plus connu, de sortir de cette sorte de confidentialité de passionnés ou d'experts tout comme la sculpture doit s'offrir davantage au grand public. Point d'obligation de snobisme et d'interprétations pseudo-intellectuelles pour y adhérer, elle s'offre à nu, raconte une histoire, offre des émotions inégalables. Elle offre cette liberté qu'on peut avoir de l'appréhender comme bon nous semble. Et rien de tel que d'échanger, partager et rencontrer des artistes généreux et disponibles. C'était l'approche souhaitée de cette première "Nuit des artistes". C'est une réussite.

Par Bab's - Publié dans : Sorties - Communauté : l'art pour tous
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Mercredi 24 juin 2009

 Un déjeuner rapidement expédié  sur les marches du Louvre en plein soleil (enfin!) et me voilà, avec une des mes accolytes "Zinkeuses", au musée des Arts Décoratifs pour voir
la rétrospective consacrée à Madeleine Vionnet. Les soldes chez Zara ou Kookai attendront demain, place à la Haute-Couture!

Loin d'être une bloggeuse "très" mode, je suis impatiente de découvrir prochainement les avis pétillants de Bulles et d'Isa Jones à ce sujet...En attendant, je découvre émerveillée l'univers de Madeleine Vionnet. Petit tour d'horizon.

Son nom, je l'avoue, ne me disait rien jusqu'à cet après-midi, jusqu'à la découverte de son étonnant parcours, celui d'une des plus grandes artistes de la haute-couture française, celle qui habillera avec modernité et élégance les femmes de l'entre-deux-guerres et qui les affranchira du corset!

Je découvre une femme de caractère, une avant-gardiste éprise de liberté. Comment peut-il en être autrement?
En 1896, elle quitte mari et enfant pour se lancer dans la grande aventure londonnienne, apprendre l'anglais et rentrer dans la maison de couture de Kathy Reilly. Un choix particulièrement audacieux à l'époque ! Puis, de retour en France, après quelques années passées à expérimenter le métier dans deux maisons prestigieuses, Callot et Jacques Doucet, elle fonde la maison Vionnet en 1912. La grande aventure peut commencer.

Qu'est-ce qui la caractérise?
Elle puise dans les règles esthétiques de l'Antiquité, une partie de son inspiration pour harmoniser une silhouette et la féminiser à souhait...Tout est question de proportions, d'équilibre, de mouvement...
J'apprends que c'est elle qui met en place des modèles en bois pour prendre plus de distance avec le corps, pour mieux s'en rapprocher, mais aussi mieux appréhender la coupe et la matière à part entière.

Sous ses doigts et ses croquis, toutes les formes géométriques, sont entaillées, pliées, plissées. Elle s'amuse à tailler les robes en biais. Elle joue avec la soie, la mousseline et voue une prédilection toute particulière au crêpe, ce tissu sec légèrement élastique et naturellement souple. Au niveau des couleurs, le noir, l'écru, le corail, le bleu encre ou le violine sont mis en valeur....Et on se met à rêver de porter ces robes du soir qui ne feraient aucune fausse note pour une montée des marches à Cannes!

A vous de juger  avec un petit aperçu de quelques photos prises sur le vif,


  

                                    
                                    
ou encore mieux, le diaporama sur le site du Musée des Arts Déco...!

La centaine de robes présentées par les Arts Déco semblent passer le temps sans prendre une ride. Surtout les robes présentées de 1936 à 1938 époustouflantes de féminité, de légereté et de modernité. 
 
Ce qu'il y a d'incroyable, c'est qu'elle a suscité l'adhésion de tous, le public et les critiques. Les journalistes voient en elle "une artiste de la mode comme Picasso l'était en peinture". Et pourtant, elle ne s'éloigne jamais de ses "clientes" et garde une grande lucidité sur son métier :  "On n'est pas couturier dans l'abstrait pour suivre son inclination et créer des oeuvres rejetées du public". Elle a tout compris.

A la fin de sa vie, elle dira sereinement : "Je suis contente de ce que j'ai fait, je me suis complètement réalisée".
C'est certain. Et bien au delà. Toute une génération de stylistes, de créateurs et de femmes la remercient pour son magnifique héritage qui perdure encore aujourd'hui. Tous les plus grands ont été influencés par elle comme Yohi Yamamoto ou Vivienne Westwood.

Madeleine Vionnet est plus que jamais d'actualité. En tant que femme et artiste.

L'exposition commence aujourd'hui, mercredi 24 juin au musée des Arts Décoratifs. Toutes les d'informations par ici.

 

Par Bab's - Publié dans : Expositions - Communauté : l'art pour tous
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