Dimanche 10 octobre 2010 7 10 /10 /Oct /2010 17:49

C'est terrible de toujours "courir" derrière les livres qu'on a envie de découvrir...Près de 700 nouveaux livres pour la rentrée, comment arriver à tout lire?! Finalement, ça me donne un peu l'impression d'une course de fond sans fin: on avance avec la satisfaction que chaque kilomètre, enfin, chaque découverte d'un nouveau livre provoque des décharges d'adrénaline bienveillante et hop, il nous en faut encore plus. On sait pertinemment que la curiosité littéraire qui nous assaille, ne sera jamais comblée et c'est peut être ça, qui finalement nous comble et rend chaque "coup de coeur" avec un livre, encore plus "précieux". Etrange cette sensation...non?!

En tout cas, le mois de septembre a rempli comme chaque année, son rôle de temps forts de la rentrée littéraire et m'a permis de découvrir quelques "pépites" qui m'ont procuré des moments de pur plaisir.

en vrac, les "coups de zinc" de cette rentrée 2010: 

 

book_cover_fils_d_heliopolis__74859_250_400.jpeg

"Fils d'Héliopolis" de James Scudamore aux éditions 10 / 18

Ludo a eu de la veine : fils d'une maman cuisinière d'un des plus riches hommes d'affaires brésiliens, celui-ci décide de l'adopter et lui permet d'échapper à son avenir de garçon des rues dans les favelas...Son avenir semble prospère et radieux. Après des études dans les meilleures écoles américaines, le voici de retour à Sao Paolo, pour faire partie de la nouvelle élite d'hommes d'affaires qui participent au rayonnement économique du Brésil, au sein d'une des plus grandes agences de publicité du pays. Une vie de rêve en perspective. Mais à bientôt trente ans, tiraillé entre ses origines et son ascension sociale fulgurante et grisante, épris d'amour pour sa soeur d'adoption Mélissa, avec qui il vit une relation fusionnelle mais impossible depuis tout petit...rien n'est simple et son malaise est de plus en plus profond. L'étrange sensation de n'être jamais à sa place...

A travers le personnage de Ludo, l'auteur dépeint un portrait de la dualité qui caractérise le Brésil aujourd'hui, le contraste entre la vie des bidonvilles et l'opulence des plus riches qui cohabitent côte à côte. Un portrait sans demi-mesure du monstre urbain qu'est Sao Paulo, la peur de grandir et d'accepter qui on est....

Scudamore le fait avec une empathie profonde pour ses personnages, un réalisme et une authenticité douce, loin de l'exotisme de l'auteur étranger. L'écriture est sensuelle, chaude, magnétique comme l'atmosphère brésilienne. Elle est aussi visuelle, terriblement cinématographique. Le bruit des hélico des riches de Sao Paulo, grondent encore dans ma tête et celui en particulier du père adoptif de Ludo qui atterit sur le penthouse dès la première page...

Et puis pour raconter l'histoire de Ludo, il y a ces flashbacks entre le temps présent et le passé, et à chaque chapitre, le nom d'une recette, un aliment, prétexte pour raconter un moment fort de la vie de Ludo associé à ce souvenir culinaire ...et c'est toute l'originalité de la construction de l'histoire, tout son charme...Feijoada, Milk shake à l'avocat, Pépins de pastèque, foie de voie...La nourriture, comme souvenir d'un morceau d'une vie et d'une mère qui a passé sa vie a donné de l'amour à travers ses plats, à montrer sa générosité de la seule façon qu'elle pouvait l'exprimer : en cuisine. Ludo se souvient et s'enivre de ces souvenirs d'odeurs, de bruits, de goûts qui le ramène à ce qui est vrai, l'essence de ce qu'il est vraiment....Un roman d'apprentissage à la fois douloureux, lumineux, fort et poignant sur le passage à la vie d'adulte et l'importance de se souvenir de ses origines pour mieux "grandir". Un livre magnifique sur le Brésil d'aujourd'hui.

 

9782923682044.jpg

 

"Effondrement" de Horacio Castellanos Moya aux Editions Les Allusifs

Direction le Honduras et le Salvador. Et là encore dans tout autre style, énorme "coup de zinc" pour Moya, auteur que j'avais découvert avec son précédent livre "Déraison".

Il dresse le portrait d'une famille de la haute bourgeoisie du Honduras en pleine crise, notamment par le personnage de Dona Lisa, épouse d'un avocat du parti national hondurien et mère de Teti qui défie l'honneur familial en tombant amoureuse et en se mariant avec un salvodorien... Dona Lisa, en deviendra folle, hystérique extrémiste, engagée et enragée. Un personnage de la démesure, tragi-comique par ses excès, elle n'hésitera pas à enfermer son mari pour l'empêcher d'aller au mariage de sa fille. Harceleuse et conspiratrice de haute voltige, Moya délivre grâce à elle, un portrait au vitriol des classes bourgeoises dirigeantes, leurs magouilles, relations et implications dans le monde politique des pays de l'Amérique centrale.

En toile de fond, le conflit qui ronge dès les années 60 le Honduras et le Salvador, jusqu'à devenir explosif. La construction de ce court texte intense et rigoureux dans le rythme et la structure est une petite merveille. Tout résonne comme une histoire qui n'aspire qu'à une mise en scène au théâtre tant les jeux de temps, de lieu contribue à tisser le décor du drame. Trois chapitres comme trois actes jusqu'au drame final. Un petit bijou à dévorer tant pour le style corrosif et grinçant de Moya que pour la structure éclatante des jeux de narration, et le thème; bien sûr, sur une Histoire de l'Amérique centrale qui nous échappe parfois...

 purge.jpg

"Purge" de Sofi Oksanen aux éditions Stock / collection La Cosmopolite

Alors là encore, ce qui m'a ravi, c'est cet effort sur la construction du récit, l'alternance de plusieurs espaces temporels, flashbacks qui contribuent à faire du récit, une forme de puzzle qu'on reconstruit jusqu'à la dernière pièce finale comme un thriller noire sur le destin tragique de deux femmes réunies ensemble et qui font face à un lourd secret qui les lient sans qu'elles le sachent. L'Histoire aussi, joue un rôle primordiale et est le prétexte du roman. En effet, à travers les parcours de Zara et Aliide, c'est l'histoire dramatique de L'Estonie que l'on découvre, pendant l'emprise soviétique et les dérives staliniennes qui ont aliéné l'identité propre de ce pays.

C'est un combat des femmes contre les hommes pendant les périodes de guerre, où tout n'est plus raison mais folies dévastratrices, sauvages. Périodes pendant lesquelles, les femmes se révèlent à la fois, premières victimes de cette domination par la force, et premières résistantes. C'est dur, mais Sofi Oksanen prend le parti pri de ces femmes, reste à coté d'elles pour leur redonner la dignité qu'elles méritent et qu'elles ont perdu. Elle leur rend hommage en insufflant à travers les deux magnifiques personnages cabossées de Zara et Aliide dont la résistance et l'envie de survivre est plus forte que tout; une poésie noire, sèche et puissante, une musique assourdissante et profonde pour conter l'horreur. Pour moi, l'énorme rencontre de la rentrée !!!

Et coté des livres français, "L'envers du monde" de Thomas B. Reverdy, aux éditions du Seuil, est juste beau, mélancolique et intense, lorsque il embarque son narrateur français dans un voyage à travers le New York de l'après 11 septembre ou les new yorkais encore en état de choc, semblent être en pilotage automatique et New York une grande dame au bord de l'asphyxie.

LEnvers_du_monde.jpg

 

Lorsque le traumatisme de ce chaos; le travail de deuil et de reconstruction est conté à travers la rencontre du jeune narrateur "frenchy" et d'une serveuse de Brooklyn, cela donne un beau moment de lecture qui ne tombe pas dans la facilité. Sa vision extérieure du drame, donne toute la mesure et est porté par une écriture sensible pour sonder le coeur brisé et inconsolable de ceux qui restent et tentent de se reconstruire.

et pour finir, voici un sacré coup de fraicheur que j'ai adoré : embarquer absolument à bord de "France 80" de Claire Bantegnie dans la collection l'Arbalète chez Gallimard.

 

France-80

A travers l'histoire entre autre, d'une ado en pleine crise..."d'ado", Claire Berthelot; c'est un portrait des années 80 qu'on lit en se délectant des images volontairement clichés qui sont contés à travers le récit. Radiographie au scalpel d'une génération, d'une époque, entre humour ravageur et cynisme moqueur, les quality street sont à cotés de nous, les allées pavillonnaires qui préfigurent les pavillons des "Desperates Housewives" des années 2000 surgissent de nulle part et sont synonymes de réussites sociales. On met Dire Straits en fond sonore et l'écriture et le ton du récit ont la musicalité d'une narration à la "Amélie Poulain" et donne presque envie de partager ce récit à haute voix! Ouh, ça swingue : nostalgie et fou rire garanti! Grisant comme un paquet de fraises tagada qu'on mangerait sous la couette avec une lampe torche accroché à notre tête! 

 

Par Bab's - Publié dans : Livres
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 6 septembre 2010 1 06 /09 /Sep /2010 10:00

2010-2011-1850-copie-1.JPG

 

Rendez-vous avec l'Image. Une fascination et un intérêt qui se renouvellent chaque jour et qui évoluent au fil des années, de la fac d'Histoire et le plaisir de décortiquer les archives images plutôt que l'écrit; des premières expositions il y a, aie (:-)...plus de quinze ans, jusqu'à aujourd'hui. Et toujours ce plaisir de ressentir ce coup de foudre pour une photo, la rencontre avec l'univers d'un photographe comme ce fut le cas avec Sebastiao Salgado, Stanley Greene, Giorgia Fioro, Laurence Leblanc ou Rinko Kawauchi, pour ne citer qu'eux....

 

D'où l'impatience des Rencontres de la Photo... comme un rendez vous amoureux : l'attente, l'excitation de savoir qu'on va vivre un moment fort avec celles qui, en concentré sur quelques jours, embarquent dans des histoires aux multiples regards. Florilège de photos, d'univers qui témoignent, font voyager, réfléchir et regarder le monde toujours différemment. Je ne suis pas une "experte" et mon oeil n'est pas assez critique pour vous dire les bons et mauvais cotés de cette nouvelle édition, je me contenterai donc de vous dire les expositions que j'ai le plus savouré. Pour découvrir l'intégralité de la programmation, c'est par ici.

Comme pour la précédente édition, il y a eu quelques "rencontres" et "moments phares" au sein d'une programmation écclectique intitulée du "Lourd et du piquant", entre la découverte de photographes argentins et une programmation rendant hommage aux photographes d'artistes et autres pépites...

Petit parcours dans la ville...

et à l'Argentine l'honneur. 

 

regarde-derriere.jpg

Leon Ferrari. Spectacle. 2003.

Avec Léon Ferrari, incroyable, brillant, provocant artiste plasticien, qui livre sa propre lecture de l'Histoire en détournant cartes postales et images. Comme cette photo ci dessous intitulée "spectacle". On rit de délice de ces propositions subversives d'intelligence. L'idée des Rencontres de lui accorder l'espace de l'Eglise Sainte Anne est audacieuse voir gonflée et renforce de façon pertinente le propos de l'artiste qui dénonce tous les excès et travers de l'Eglise, de ses frasques pendant la dictature argentine au nazisme...Tous les abus de pouvoir sont dénoncés sans ménagement...et jusqu'à la politique américaine sous l'ère Bush.

Marcos Lopez, kitchissime à souhait, propose dans des mises en scène très (trop) travaillées et excessivement colorées un portrait de "son" Argentine entre clichés et dénonciation. Les allusions sont multiples, là une réinterprétation d'Adam et Eve, plus loin une photo panoramique réinterprétation provocante de la "cène".

 

2010-2011-1858.JPG

Dans un autre registre, en noir et blanc, Marcos Andadia photographie les mères des disparus pendant la dictature. Celles qui n'ont jamais cessé de baisser les bras et qui se réunissent chaque jeudi sur la place de mai. Avec ou sans foulard, il leur rend hommage avec douceur et subtilité et les photographie en portrait sur fond blanc, un cadrage serré sur leurs visages et leurs regards. Un poignant portrait de ses femmes aux regards profond et intenses pour ne pas oublier, un hommage aux disparus à travers celles qui restent et résistent. Un très beau travail sur la mémoire.

Et puis direction la promenade Rock avec la ballade la plus troublante et poétique dans l'univers de David Wojranowicz. Artiste phare du NY underground, de l'East village des années 80, ami proche de Nan Goldin. On découvre dans une série intitulée "Rimbaud à NY", une des ses performances où il emprunte un masque avec une photo de Rimbaud pour relater son autobiographie. C'est magnifique, dur car tout le mal-être de l'artiste est là devant nous et on comprend son attachement à ce grand poète maudit d'une autre époque...

2010-2011-0674.JPG

David Wojranowicz. Photo prise à Arles par Isa. F

Peter Hujar, Stephen Shore ou Robert Mapplethorpe sont exposés également. La scénographie est géniale, les murs recouverts de papier d'alu est un clin d'oeil à Billy Name qui avait recouvert les murs de la Factory de papier d'argent et d'alu. Les BO des Velvet Underground surgissent en fond sonore. On ressort avec le sentiment doucement mélancolique que cette époque sans limite artistique, qui nous a vu naitre, est belle et bien passée.

Dans le parc des ateliers, des photos interpellent et empêchent de regarder ailleurs...Par leur format d'abord, le cadrage élargi, les personnes mises en scène au milieu d'un paysage, d'un café ou d'un coin de rue, des hommes qui fixent la photo avec une intensité froide."the Innocents" est une commande du New York Times magazine et pour lequel Taryn Simon a reçu le prix "découverte" à Arles cette année. Toute la série présente des personnes condamnées et accusées de crime, qui ont fait de la prison et finalement ont été innocenté par les tests Adn.

Un reportage d'autant plus impactant qu'il révèle une faille importante du système judiciaire américain. Un coup de coeur de photographie documentaire que je ne m'attendais pas à découvrir à Arles, réputée pour son parti pris plus conceptuel... Ca fait du bien !

Autre coup de coeur du coté de la photo documentaire, Paolo Woods et sa série de photos sur la société iranienne, un projet qu'il a débuté en 2005 lorsque Amhadinejad a été élu. Avec son regard, les cadrages et les jeux de couleurs, il révèle toute la dualité de cette société, prise entre le poids flagrant de la tradition et de la religion et cette volonté d'émancipation, de modernisme et de liberté. Souvenir de cette photo de jeunes gens riches et habillés à la dernière mode avec en toile de fond, la piscine vide de leur villa. Une piscine vide au premier abord juste insolite, et qui devient un objet symbole d'une forme d'intégrime lorsqu'on apprend que les religieux interdisent de se baigner devant ses voisins. Toujours incongru, une classe d'université qui est en plein exercice, de rire! Il propose également une série de photos prises par des anonymes avec leurs mobiles lors des soulèvements de 2009 et dévoile ainsi toute la force de certains clichés pris sur le vif des émeutes et la force que peut avoir un journalisme citoyen, complémentaire de l'oeil du Photographe professionnel. 

2010-2011-1878.JPG

   Photos de Paolo Woods.

Direction ensuite l'Eglise des frères prêcheurs où nous pouvons découvrir avec une scénographie qui s'apparente à un labyrinthe, la magnifique collection de Marin Karmitz. Ce passionné de photos suit et accompagne des photographes pour lesquels il a d'immenses coups de coeur. Une vraie sensibilité photographique mélant grands noms et jeunes photographes. Il jette son dévolu sur quelques uns en particulier et on admire notamment les photos de Michael Ackerman, (ma préférée, celle qu'il semble prendre de façon anodine, de l'homme de dos près d'un hôtel à Times Square, une image à la fois en mouvement et qui dénote une force tranquille), Christian Stromholm, le génial et piquant Duane Michaels ou encore les troublantes photos d' Antoine D'Agata.

 

2010-2011-1881.JPG

Et pour finir, LE moment de grâce des Rencontres avec l'exposition consacrée à Mario Giacomelli, "Le noir attend le blanc" à la Chapelle Saint-Martin du Méjan. Les séries de ses photos sont très bien mises en avant. Avec ce noir et ce blanc, il raconte notamment sa vision de la vie,la mort, la vieillesse et la solitude dans sa série "la mort viendra et elle aura tes yeux". Souvenir d'une photo d'un couple de très vieilles personnes qui s'embrassent et se tiennent par la main comme s'ils partageaient ce moment pour l'éternité, souvenir des photos de moments d'une passion amoureuse suggérée, ou plus léger, la pause "récréative" de séminaristes qui se lancent des boules de neiges. Des moments de la vie, simples; capturés avec une profonde subtilité et justesse comme s'il se contentait de les effleurer pour mieux les révéler. Il n'y a rien d'autre à ajouter...sauf peut-être de se dire à quel point on est chanceux de vivre cet intense moment d'émotion artistique.

 

De quoi rester longtemps sur notre nuage...jusqu'à l'année prochaine.

 

Par Bab's - Publié dans : Expositions - Communauté : l'art pour tous
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 28 août 2010 6 28 /08 /Août /2010 23:24

Après une petite trève de quelques mois vécus à cent à l'heure...Culture sur le Zinc reprend du service! Un agenda de "ministre" (!-)) a eu raison des quelques billets que je postais sur le Zinc. Mais j'ai toujours autant envie de partager mon amour de la Photo, mes lectures, les voyages et les expos que j'affectionne.

Et pour inaugurer cette rentrée du Zinc, je voulais vous glisser quelques mots à propos du Musée Guggenheim à Bilbao que j'ai visité récemment pendant une virée en Espagne qui m'a conduit de San Sebastian à Barcelone...

 

2010-2011 1331

Le bâtiment crée par Franck O.Gehry est grandiose dans tous les sens du terme et surtout par la prouesse technologique et artistique qui lui a permis d'exister. Dès l'entrée dans la ville, on ne voit que lui. Loin d'être la solution à tous les problèmes, le musée a d'ailleurs apporté un rayonnement culturel et artistique incroyable à Bilbao et contribué à relancer l'économie de la ville.

A l'intérieur du Guggenheim, un des plus grands moments de la visite qui subjugue l'oeil du visiteur, est l'oeuvre monumentale en acier (31 m de longueur et 4 mètres de hauteur!) de Richard Serra, exposée de manière permanente. Ce projet s'intitule la matière du temps. C'est une sorte de déambulation surréaliste dans des ellipses de grande envergure à travers lesquelles le visiteur se perd. Impression de vertige face à cet espace toujours en mouvement. Serra semble attendre du visiteur qu'il joue avec sa propre perception, qu'il soit acteur de son propre voyage...c'est génial et troublant à la fois.

 Et jusqu'à mi octobre, l'exposition temporaire est quant à elle, (vous avez encore le temps de sauter dans un avion!), consacrée à Anish Kapoor que j'ai adoré...Je découvre un des plus grands sculpteurs actuels sur la scène artistique internationale. Il est anglais d'origine indienne. C'est lui qui est notamment missionné pour créer une sculpture monumentale, l'Orbit Tower, sur le site des JO de Londres en 2012.

Ce qui est fascinant avec lui, c'est qu'il joue avec la matière (ciment, acier, patinable, cire..), la couleur (le rouge est sa couleur de prédilection, un rouge sang, corail, couleur de la plaie, mais aussi le jaune...les couleurs primaires, brutes) et le process de réalisation. Finalement ce sont ces trois éléments qui se retrouvent au coeur de ses projets, laissant le sculpteur s'effaçait après avoir mis en forme son idée...Ce n'est n'est plus la main qui sculpte mais tout un process où l'art et la science sont étroitement liés.   

Pour Kapoor, ses sculptures ont pour but de dialoguer avec l'environnement, l'espace et permettent aux visiteurs de s'interroger autant sur le sens que sur les sensations qu'elles génèrent. Tel l'installation Yellow (1999, fibre de verre et pigments - 600x600x300 cm) ou l'installation Tirs au coin (2008-2009). Je suis fan et il me fait penser à un autre artiste fou et brillant, un maître de l'illusion, James Turell, connu pour ses installations lumineuses qui donnent l'illusion de transformer la lumière en matière. Du sublime qu'on peut découvrir notamment dans sa quasi intégralité à Colomé en Argentine ou de temps à autre dans les plus grandes expositions d'art contemporain.

 

2010-2011-1363.JPG

"tall tree and the eye" d'Anish Kapoor

sculpture monumentale composée de 80 boules argentées en acier inoxydable.

 

Tout ceci est très résumé et je ne vous ai quasimment rien raconté....notamment de la ballade extérieure autour du musée autour duquel d'autres sculptures font parties intégrante de l'environnement. Telle la magnifique "Maman" de Louis Bourgeois cette araignée géante, imposante, symbole de toute l'oeuvre de cette grande sculptrice.

 

2010-2011-1385.JPG

"Maman" de Louise Bourgeois

 

et si vous vous voulez en savoir plus sur Bilbao, en matière de design, d'architecture, de vie nocturne il faut absolument y aller car c'est comme à Valence ou Barcelone, là où les choses se "passent", ça bouillonne de créativité et il y a fort à parier que ce port industriel et capitale culturelle du pays basque espagnol, devienne encore plus d'actualité dans les années à venir.

 

 

Par Bab's - Publié dans : Expositions - Communauté : l'art pour tous
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

  • Flux RSS des articles
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés