"Kaboul Disco" sur le Zinc floor

Publié le par Bab's

Chez "Culture sur le Zinc", on aime la Bd. Celle qui s'interroge pour mieux comprendre le monde et qui s'engage. Dans le cartable du Zinc, j'en garde toujours quelques-unes fidèlement: "Le Photographe" de Didier Lefèvre et Emmanuel Guibert, "les mauvaises gens" d'Etienne Davaudeau en passant par Marjane Satrapi et "Maus" d'Art Spiegelmann... Parfois, le choix d'une bd se porte sur un sujet...Ici l'Afghanistan. Après "Le Photographe", j'avais envie de découvrir un tout autre style de bd sur le sujet. Malgré ma méconnaissance sur ce pays, il me fascine depuis la lecture des témoignages de Christophe de Ponfilly, peut-être un des seuls qui a tenté désespéremment pendant plusieurs années d'informer et de sensibiliser sur les drames de ce pays si complexe bien avant le drame de 2001. Et puis il y a eu le 11 septembre, et l'Afghanistan est revenue sur le devant de la scène comme si elle ne l'avait jamais quittée, noircie de la terreur qu'elle suscitait.






Dans le T1 de "Kaboul disco" (Editions "La boîte à bulles"), Nicolas Wild raconte  comment, suite à l'annonce
d' une agence de communication, lui, dessinateur de bande dessinée au chomâge, se retrouve dans un Afghanistan tout juste "sortie de guerre" en 2005.
Avec beaucoup d'humour, il raconte son expérience d'expatrié français dans une capitale en crise et au centre de tous les enjeux internationaux. Missionné pour réaliser une bande dessinée sur la constitution afghane destinée aux enfants, il devient un témoin de ce pays en voie de "reconstruction" et appréhende les rudiments de l'afghan, les menaces d'attentats, les couvres-feux et le décalage permanent entre les expats et leur environnement...Ironie du sort, le seul restaurant français à Kaboul s'appelle "La joie de vivre".
Sans la prétention d'un géopoliticien ou d'un historien, il nous livre en filigrane son témoignage sur l' Afghanistan qui malgré les infos véhiculées, n'est pas du tout sortie de guerre...
Dans cet univers dramatique et parfois surréaliste, sa vision ironique sur lui-même et son entourage est jubilatoire.
"Coup de zinc"également pour les  bonus : les quelques extraits de la Constitution afghane qu'il a réalisée, les photos où on le voit en scène. Pour mon plus grand plaisir, sort très très prochainement le deuxième tome de "Kaboul Disco", intitulé "Comment  je ne suis pas devenu opiomane en Afghanistan".
Si vous voulez en savoir un peu plus sur son  "coup de crayon" et poursuivre les récits de voyages pertinents et grinçants de l'auteur à Kaboul et en Iran, je vous invite à aller faire un tour sur  :
http://nicolaswild.blog.lemonde.fr



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