Lectures de Zinc...

Publié le par Bab's

 J'aime les "Zincs"...Ce grouillement qu'on retrouve dans les vrais troquets, l'odeur du café brûlant,observer les gens, sentir qu'ils viennent tous d'univers différents. J'aime l'idée du rassemblement avec des copains et le Zinc aussi seule, avec un bon bouquin. J'aime l'idée d'avoir trouver un vrai QG. Le Zinc où l'on se sent comme chez soi avec le bonjour du patron, deux, trois petits mots et  direction "notre" banquette qui nous attend. Le QG qu'on aime,  Il n'est pas spécialement beau, il est loin de ressembler aux cafés lounge à la mode. D'ailleurs, la première fois qu'on est passé devant, c'est à peine si on l'a regardé. Et puis, finalement un beau jour, on se dit que ce café, boulevard Reuilly-Diderot, juste à coté du métro, ferait bien l'affaire pour tous se retrouver après nos journées d'hommes et de femmes d'affaires débordés. Le "79" n'avait rien de particulier pourtant on s'y était attaché parce qu'il y avait Said. Un vrai Zinc, c'est son patron qui donne le ton, l'atmosphère; c'est ce qui fait qu'on reste à celui-ci, plutôt qu'à un autre. J'en parle avec ma gouaille mais le Zinc a toujours été une belle source d'inspiration pour les artistes, les écrivains.C'est un magnifique décor de films, de théâtre, de récits...Toute une vie peut se passer dans un Zinc et dans cet apparent huit-clos, c'est la vie qu'on apprend, qu'on écoute... J'ai lu dernièrement trois petits livres qui m'ont donné envie d'écrire sur le sujet..



 Dans la La serveuse était nouvelle (paru chez Fayard et rééditée aux Editions Pocket), Dominique Fabre fait l'éloge du Café et ancre son histoire dans un Zinc près de la gare d'Asnières. Son narrateur y conte sa vie de vieux garçon de café; et la vie au quotidien dans ce troquet qu'il observe et qu'il aime. Les étudiants, le jeune homme qui lit Primo Lévi, les piliers de bar, la jeune femme au regard agard,  Amadée, son copain, le cuisinier... Et la nouvelle serveuse qui arrive au milieu d'une crise conjugale des deux patrons...
Dans l'écriture de Dominique Fabre, il y a de l'empathie, de la tendresse pour son narrateur Pierre et pour les gens.
On pourrait être désolé de cette existence à priori vide, solitaire et pourtant Pierre aime tellement son travail et le fait avec une telle générosité, que cela nous emplit le coeur lorsqu'il raconte sa vie difficile mais avec une telle lucidité et paix qu'on ne peut que compatir et admirer. La serveuse était nouvelle c'est un petit ovni, une écriture juste, sobre et humaine, une atmosphère de confidence qui nous donne envie de l'entendre conter par une voix de théâtre.






 Si vous voulez prolonger votre lecture dans cet univers, lisez Sur le Zinc, au café avec les écrivains (réédité dans la collection 2 euros chez Folio) qui regroupe une petite sélection d'extraits d'auteurs qui ont écrit sur ce thème. Plaisir de découvrir ou de rédécouvrir des passages de textes classiques (le café des aveugles de Gérard de Nerval, Le cabaret vert d'Arthur Rimbaud) ou plus contemporains (les fleurs bleues de Raymond Queneau, La grasse matinée de Prévert...) à vous de choisir en fonction de votre humeur du jour...



 Et dans un tout autre style mais indispensable pour tous les amoureux des troquets: Pocket vient de rééditer Brèves de comptoir, l'anniversaire de Jean-Marie Gourio qui regroupe dans ce recueil les meilleures brèves de comptoir qu'il a recensé depuis vingt ans.
Pour le plaisir, voici quelques extraits truculents :  "au Chiquito: De toute façon, tant que c'est des bonnes femmes chez les féministes, ça ne marchera jamais" ou encore celle entendue au café le Progrès : "L'argent que l'alcool rapporte à l'Etat c'est énorme; moi cette année, rien qu'en picolant, j'ai payé l'impôt sur la fortune!" et une petite dernière pour la route: "chez Josette: quand tu roules vite, tu es moins dangereux puisque tu es moins longtemps sur la route." Je vous laisse méditer sur ces pensées hautement philosophiques...!

Publié dans Livres

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liliba 17/11/2008 11:05

Les petits troquets parisiens me manquent... J'aimais y aller quelle que soit l'heure, boire un p'tit noir au comptoir ou bien calée dans le fond, dos au miroir pour pouvoir observer à loisir les autres clients, j'aimais surprendre au vol quelques mots des conversations, j'aimais y fumer tranquillement une cigarette, ouvrir un livre, lire quelques lignes, rêver, discuter parfois avec des inconnus... Nostalgie...

Fred 05/11/2008 11:03

J'en connais d'autre qui paye l'ISF ...
lol

Je vais définitivement lire ces brèves

Bulles d'infos 05/11/2008 11:01

Maintenant je sais où tu trouves l'inspiration...

james 05/11/2008 09:44

en langage "zinc" j'ajouterai comme commentaire :

"c'est ben vrrrai tout ça ma poule !! Atmosphère !!! Atmosphère, quai des brumes on est arrivé !!! En plus si la serveuse est nouvelle et le jambon beurre aussi que demande le peuple ? !!!! lol !!!!