Une femme sans qualités de Virginie Mouzat

Publié le par Bab's




Une femme sans qualités est un premier roman au féminin, une confession à fleur de peau, déroutante, dérangeante, pudiquement douloureuse. La narratrice écrit une lettre à l'homme qui l'a fait chavirer, celui avec qui, une relation est possible. Pour la première fois, elle décide d'écrire, de prévenir qu'elle est une femme pas comme les autres. 

Derrière cette belle plante, trentenaire, que les hommes trouvent irrésistiblement sexy et les femmes par conséquent dangereuse; la souffrance est tapie dans son beau corps depuis ses 18 ans. Le jour où brutalement on lui dit qu'elle est stérile, qu'elle ne sera jamais comme "les autres"...

Comment faire pour survivre, pour échapper à sa condition ? Vivre et assumer sa différence?Vivre à cent à l'heure, se consumer de fêtes, d'hommes, de travail, de voyages, une façon de combler ce vide qui ronge progressivement tout son être...éviter de s'attacher à un homme, celui qui pourrait être le miroir de tout ce qu'elle ne pourra jamais construire.

Trois villes sont au coeur de cette narration, trois villes qui quelque part réflètent l'état d'esprit de la narratrice: Paris et le choix d'un 8e arrondissement superficiel et impersonnel, Ibiza, l'eldorado de soleil et d'évasion; et Shanghai, ville de LA première rencontre avec "lui", grouillante de vie, moite et suffocante qui lui fera prendre conscience de son profond malaise.

Un premier roman d'une grande profondeur. Une écriture fine et fièvreuse qui me fait penser sans parallèle trop abusif, au meilleur de Nina Bouraoui dans Les mauvaises pensées.
J'ai beaucoup aimé, vous l'aurez deviné.  

Plusieurs extraits du livre chez Clarabel qui est enthousiaste :c'est par ici.
 

Publié dans Livres

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La Muse agitée 20/02/2009 10:07

La Muse a donc beuacoup aimé ce livre ...
Plus que Nina Bouraoui et ses "mauvaises pensées" qui me semblent relever d'une écriture plus "obscure" la limpidité de la ligne me ferait plûtôt penser à Camille laurens pour la sincérité et la saine arrogance.
Merci pour ton passage sur notre blog.

Bulles 10/02/2009 17:23

J'en entends beaucoup parler de ce livre. Même si le sujet est poignant j'étais hésitante, mais ta caution me permet de penser que c'est donc un roman (bio ?) de qualité !

Bab's 11/02/2009 10:35



Oui, je pense qu'il peut te plaire. Je peux te le prêter si tu veux.C'est un roman écrit par une journaliste "mode" du Figaro mais il me semble, d'après ce que j'ai lu également, qu'il y a une
part certainement autobio même si romancé...



Chloé 10/02/2009 00:30

hum, j'aime bien la référence à Atwood, surtout que dans la Servante Ecarlate, il est aussi question de stérilité! Mais là, vu du point de vue de l'héroïne, encore jamais lu!!

Chloé 09/02/2009 22:58

Ta critique me donne bien envie de le lire! C'est rare que ce thème soit abordé en littérature. Il faut que je l'emprunte à ma bibliothécaire préférée!

Bab's 10/02/2009 00:13


oui, je pense que tu l'aimerais beaucoup! Je suis impatiente d'avoir ton avis, surtout que tu es ma référence en littérature féminine "Mme Atwood";-)