La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano / Editions du Seuil

Publié le par Bab's




Je l'ai lu d'une traite, en quelques heures.
Je l'ai trouvé aérien et profond. Cruel et tendre. Comme l'enfance et l'adolescence des deux protagonistes de l'histoire. Comme l'adolescence en général.
Paolo Giordano, du haut de ses 27 ans, "dissèque" méticuleusement les sentiments tout en paradoxe de ces deux jeunes êtres fragiles et brosse deux magnifiques destins "cabossés" pour évoquer la difficulté universelle d'aimer et de grandir. Un premier roman poignant qui a reçu le prestigieux prix Strega en Italie.

On suit au fil des années, Alice et Mattia, qui survivent en marge des autres, se retrouvent dans leur solitude. Lui, Mattia, surdoué, trop brillant, fou de mathématiques, presque autiste et Alice plus artiste, qui tente de "disparaître" en évitant de manger, pour camoufler son mal-être et son handicap. Des années collèges, à leurs balbutiements dans la vie adulte, Paola Giordano nous permet de les observer la porte grande ouverte. Leurs existences se croisent, se décroisent, se retrouvent sans jamais fusionner totalement. Mais toujours persiste cette relation ambigue, "muette", à la fois insaisissable et indestructible qui s'est tissée au fil des ans...Comme pour ces nombres premiers pour lesquels Mattia voue une fascination. Ces nombres qui ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes: des nombres solitaires qui pourtant ont la particularité d'avoir un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair. 

Porté par une écriture à la fois fluide et sèche, La solitude des nombres premiers est une très belle métaphore sur l'amitié entre ces deux jeunes êtres singuliers et meurtris, qui tentent malgré tout d'essayer de vivre comme "les autres". Je me souviendrai encore longtemps de Mattia aidant Alice à enlever son tatouage. Des caresses d'Alice effleurant le visage de Mattia livide après sa soutenance de thèse...
Un livre que l'on referme la gorge nouée avec une sensation à la fois douce et amère et l'envie entêtante de rester dans ce spleen en écoutant Beth Gibbons...

Beaucoup d'avis sur différents blogs notamment celui de Cuné et de Sylire.
Merci à Suzanne de Chezlesfilles.com et les Editions du Seuil pour m'avoir fait découvrir cet ouvrage. 
 
 

Publié dans Livres

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liliba 09/05/2009 21:02

Eh bien voilà qui me conforte encore plus dans mon envie de lire ce livre...

Bab's 10/05/2009 23:35


oui, c'est vraiment un beau livre!


Florinette 27/03/2009 10:04

Même si ton billet m'incite à prendre note de ce livre, pour l'instant, je n'ai pas très envie de me plonger dans une atmosphère aussi triste, ça doit venir du printemps ! ;-)

Bab's 28/03/2009 18:11


Oui, tu as raison, je me suis rendue compte que tous les livres que je lisais en ce moment étaient en général top mais un peu triste, mais j'ai quelques petites pépites plus amusantes, en stock:-),
histoire d'égayer un peu nos premiers rayons de soleil du printemps. A bientôt Florinette!


Flavie 26/03/2009 10:04

Ouahhh ! Encore un post fantastique qui donne envie de lire ce beau livre : j'en ai la chair de poule ! est-ce bizarre ?
allez j'ajoute ce livre à ma liste du libraire... ;o)

Bab's 28/03/2009 18:09


hello, merci flavie!-), oui, ça te plairait à toi, sans pb, mais ne le prête pas à Guilhem, c'est certain qu'il n'accrochera pas!-p
alors les librairies à Lyon? faut que tu me prépares une petite visite dans les plus sympas quand on vient en mai, j'ai hâte!