Lundi 5 octobre 2009
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22:00
Certains pourraient croire que la vie du Zinc a été quelque peu agité ces dernières semaines.
Ils n'auraient pas forcément tort sur cette effervescence automnale. En revanche, une chose est certaine, quelque soit l'agitation qui sévit, je trouve toujours un petit moment pour
lire...
Alors voici, en quelques lignes, quatre de mes "coups de coeur" dont vous avez certainement beaucoup entendu parler. Je n'ai pas pu m'empêcher de les lire pour m'en
faire ma propre idée, avide de continuer sur la frénésie de cette rentrée littéraire.
Pendant un moment, je l'ai laissé de coté, parce que j'avais envie de lire des histoires qui m'éloignaient de mon
quotidien et des mes interminables heures dans les transports en communs... Et puis comme toujours avec Delphine de Vigan, j'ai cédé à la tentation et ne suis parvenue à fermer le livre que
très tard dans la nuit. Comment fait-elle pour écrire avec une telle justesse, une telle chaleur pour ses personnages, et une écriture aussi fluide, simple, comme une voix qui nous chuchoterait
dans l'oreille une histoire à la fois triste, mélancolique, tellement réaliste et tellement paradoxalement belle? Le mal de vivre de deux "combattants du quotidien" fatigués, que les heures de
voiture entre deux consultations, ou le harcèlement quotidien au travail, laissent presque au bord de la route, mais l'instinct de survie est plus fort. Ces deux moments de vie, je les ai lu en
apnée. Ils sont sans pathos, juste tragiquement beaux tout comme les deux personnages.
Trois récits de vie, trois destins de femmes, saisissants, troublants dans la force qui émane de chacune d'elles pour outrepasser leurs fragiles destins. C'est tout
en douceur avec une superbe écriture que Marie N'Daye décrit la violence des situations auxquelles elles sont confrontées. La dernière histoire laisse tout simplement la gorge sèche et
poussiéreuse. Ces "trois femmes puissantes" habitent longtemps l'esprit...Je les trouve sublimes.
J'avais tellement aimé "Mon traitre" que l'enjeu était de taille pour commencer le dernier livre de Chalandon.
Pour La légende de nos père, le narrateur,
Marcel Frémaux, est un ancien journaliste à la Voix du Nord, reconverti en biographe familial. Il est sollicité par une jeune femme qui lui demande d'écrire une biographie sur son
père, ancien résistant, qu'elle idolâtre. Un parcours qui lui fait étrangement penser à celui de son père défunt avec lequel il n'a jamais réussi à parler. Au fur et à mesure des
séances avec le vieil homme, un lien fragile se tisse, l'écriture se dénoue, et pourtant...Réflexion sur le mensonge, le secret de famille... Chalandon brille toujours par l'empathie qu'il a pour
ses personnages auxquels il apporte une épaisseur psychologique teintée d'une infinie tendresse, pardonnant presque les parts d'ombre de chacun. Je reste sous le charme.
Netherland de Joseph O'Neill - Editions de l'Olivier
Je l'ai lu parce que j'étais intrigué de lire le livre qu'Obama avait adoré. Je l'avoue. Parce que certains disaient que
qu'il était à considérer comme "un des grand romans" américain post 2001. Si je l'ai adoré, ce n'est pas uniquement pour ces raisons mais pour la façon dont Hans, la trentaine, analyse la lente
déconstruction progressive de son mariage que le 11 septembre n'a fait qu'accélérer. J'ai aimé cette douce mélancolie sans désespoir, parfois même emplie de dérision, ces déambulations dans ce
Manhattan et ce Brooklyn d'aujourd'hui qui sont des bouffées d'air pour le personnage qui retrouve une passion pour tenter de se racrocher à la vie: le cricket. Un sport qui lui permet d'ouvrir
les yeux sur sa vie, sur une réalité sociale loin de son loft de Tribeca et lier d'amitié avec un curieux personnage, le prénommé Chuck. L'atmosphère du livre est tellement bien décrite qu'elle
me revient à l'esprit par bribes d'images longtemps après...