Bas fonds de Baltimore et vagabondages en tout genre

Publié le par Bab's

the_wire2.jpg

C'est la faute à Baltimore, à McNulty, à Lester, à Bubbles, à Omar, aux petits dealers des ghettos de Baltimore, à la magnifique fresque sociale, sombre et militante des scénarios de Richard Price, Georges Pelecanos et Dennis Lehane...Tout simplement au génie du créateur de
"The Wire", David Simon, à HBO production qui l'a diffusé...C'est de leur faute, si je n'ai rien écrit depuis un mois et demi, si j'ai eu envie de boire plus de bière que d'habitude, manger plus de kfc que d'ordinaire. Je n'ai rarement vu mieux pour une série, que "The wire", après ces quatres premières saisons. Cinéma et Télé confondus. 

Petites tentatives d'explications difficilement objectives à travers l'esquisse de "pitch" des quatre premières saisons: 

- Dans la première saison, tout se met en place:  une brigade spéciale, de bras-cassés, de refoulés, rebelles du système, se constitue de la Crim' et des Stup, pour tenter d'enrayer l'ascension rugissante d'un des plus grands gangs de Baltimore tenu par l'étoile montante du business de la coke et jeune King de Baltimore: Avon Barksdale et son accolyte Stringer Bell.

L'enquête se poursuit dans la seconde saison mais en filigrane car elle laisse la place à une deuxième enquête révélant un autre pan sombre du désoeuvrement américain : Entrée dans l'univers des docks du port de Baltimore qui se meurt à petit feu. A sa tête, un polonais et toute une communauté autour de lui, qui se retrouvent malgré elle,  confrontée à des petits deals qui dégénèrent face à la découverte d'un réseau de prostitution lugubre venant des pays de l'Est...

Pour la troisième saison, on quitte les docks et on revient dans les cités de Baltimore. Les petits dealers ont grandi, des jeunes loups font leurs apparitions, le King est affaibli et c'est une lutte de pouvoir sans merci pour garder les "territoires". En parallèle de cette guerre des gangs, l'arrière décor d'une campagne électorale pour l'élection du Maire de Baltimore et l'impuissance des politiques face à ces zones de non-droits. Génial. 

the-wire.jpg


La quatrième frôle la perfection avec toujours l'enquête en premier plan pour démanteler les gangs et les trafics de coke mais en toile de fond le problème éducatif dans les ghettos et un zoom sur les ados, ceux qui ont encore une chance de passer du bon au mauvais coté... Tout est sur le fil du rasoir...David Simon et les scénaristes déguisent des propositions politiques sous forme de scénarios. C'est habile, juste et intelligent et définitivement profondément alarmant.



 

060914_BI_theWireEX.jpg


J'ai l'impression de caricaturer chaque saison, mais au delà de ces enquêtes, la dimension politique et sociale est portée par un souffle quasi documentaire, un rythme volontairement lent, posé, dans des décors naturels et surtout avec une galerie de personnages rarement égalé par l'équité dans la palette d'interprétations justes, sobres, profondes, intelligentes, marrantes qu'il était donné de voir à la télévision sur des durées aussi longues que celles des séries. Car on est loin des Experts et autres marchandises qui se "machouillent" très vite et dont le goût part tout aussi vite.

bubbles.jpg The_Wire_Omar.jpg

Ici oui, on a des types qui peuvent apparaître comme des stéréotypes, et pourtant, on ne tombe jamais dans le cliché même avec le flic alcoolo, beau gosse, écorché vif, interprété par Mc Nulty. Mais le looser est terriblement attachant et totalement ingérable, au charme à la fois triste et désopilant. De Bubbles, magnifique junkie, malin, tendre à Omar, "Robin des bois" guerrier black des cités, dont la vision de la justice et du dysfonctionnement du Système judiciaire frôle l'insolence par son intelligence vive...Tous ont des félures qui font leurs richesses. Mais je crois que je vais m'arrêter là...

Pour vous dire d'aller lire l'article qui avait été consacré à la série sur le site de Télérama l'année dernière, par ici et l'article dans Libération, c'est par ici.

Et vous dire que David Simon, signe prochainement, avec le soutien de HBO,
une nouvelle série qui se déroulera dans la Nouvelle Orléans, Post Katrina autour d'un groupe de musiciens...Ca vous étonne?

Je garde donc mon vagabondage littéraire pour plus tard....J'avais pourtant prévu de parler de mes dernières lectures que je vous recommande vivement : le magnifique "Un abri en ce monde" de Mary Mc Garry Morris, "Fugitives" d'Alice Munroe ou encore Enfant 44 de Tom Rob Smith...

 

Commenter cet article

Chloé 06/03/2010 23:18


En fait, en lisant ton commentaire, je pense à l'expo photos qu'on avait vue à Arles: Jean-Christian Bourcart avec son roman-photo à Camden dans le New Jersey... Est-ce qu'il y a de cette
atmosphère dans the Wire?


Bab's 07/03/2010 23:23


tu sais quoi, j'y avais pensé....Oui, le roman-photo de Christian Bourcart à Camden, n'est pas très loin de l'univers de the wire à baltimore...


Chloé 06/03/2010 23:13


On est toujours pris dans Lost (et il vaut mieux rester accroché pour ne pas perdre le fil!), mais on essayera "the Wire"!! Promis!


Bab's 07/03/2010 23:21


ah, ça me fait super plaisir, si ça te donne envie! J'espère que ça vous plaira autant que nous!-)


Fred 17/02/2010 11:36


Cette série est un véritable chef d'oeuvre, vous ne pouvez pas ne pas la regarder !


Bab's 28/02/2010 19:53


tu crois qu'on a été assez convaincant?!