Teresa, l'après-midi de Juan Marsé

Publié le par Bab's

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Si une amie ne me l'avait pas offert, je serais passée à coté d'un des plus grands classiques de la littérature espagnole. Ce petit trésor, je l'ai emporté en Namibie et l'ai lu, à la lueur d'une lampe frontale.

La littérature a ce quelque chose de merveilleux de nous offrir parfois des "Héros", des personnages qui passeront les siècles et resteront intemporels par leur histoire, leur charisme, leur volonté de s'affranchir de leurs conditions. Et ces traits de caractères, nous pouvons tous, à notre façon, nous y identifier. "Bande à part", le héros de Teresa, l'après-midi fait parti de la trempe de ces grands personnages dont on ne peut oublier la rencontre.

 Et puis chacun, en fonction de son histoire, peut y rajouter son grain de sel et ressentir les choses  différemment. Pour moi, a résonné les origines andalouses de mes grands-parents et la lecture en est devenue un peu plus personnelle.

 

Gentil racaille, petit voleur, séducteur effréné, opportuniste, mais épris de valeurs morales, "Bande à part", jeune andalou, est parti à la conquête de la belle catalane, Barcelone. Il rêve d'ascension sociale, de s'affranchir de cette classe miséreuse dont il est issu. Assoiffé de liberté, de succès et de reconnaissance, il devient une figure du quartier populaire de Barcelone où il est "monté" gagner sa vie. 

 

On est en pleine époque franquiste et la jeunesse rêve de révolution et de démocratie. Surtout la jeunesse estudiantine, qui n'aspire qu'à une chose, épouser les causes de la classe laborieuse et s'engager fraternellement auprès d'elle.

 

C'est dans ce contexte historique et sociale, qu'un soir,"Bande à part" rencontre les yeux bleus de Teresa. L'été est chaud, la nuit piège de tous les idéaux et moments de tous les possibles. On déambule dans une Barcelone d'une autre époque, fièvreuse et bouillonnante. Teresa l'après-midi est comme un roman du clair-obscur, comme un tableau de George de La Tour, où la lumière tient une place centrale. Et Juan Marsé y distille crescendo une atmosphère de séduction et de sensualité dont on pressent dès le départ qu'elle sera condamnée; prémices d'une passion impossible comme la littérature, la grande, peut offrir : à cent à l'heure sur la route en lacet qui mène à la plage.

Publié dans Livres

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