Un petit tour du coté de PARIS PHOTO 2009

Publié le par Bab's

 

Chaque année, je retrouve Paris Photo avec la même attente et excitation.
Et cette année, vous avez dû en entendre beaucoup parlé avec toutes les expositions annexes à la Monnaie de Paris ou au Quai Branly; les photographes de la scène iranienne et plus généralement arabe étaient les invités d'honneur de cette treizième édition. 
Le mérite de mettre en avant cette scène artistique très vive, était de montrer que contrairement aux idées reçues et à la méconnaissance en Occident de ces photographes; en Iran, comme dans d'autres pays arabes, l'image fixe n'a jamais cessé d'exister.
Bien au contraire, la fascination a toujours été vive et la création, la force d'expression et la diffusion des photos bien représentées par les photographes arabes et pas seulement comme à l'époque "orientaliste", par les européens fascinés par les cultures et les paysages exotiques.
C'est bien là le propos de la Fondation Arabe pour l'image qui présente au centre du Salon une exposition de 55 photographies sélectionnées parmi les 300000 images dont ils disposent dans leurs fonds. Des images de photographes venant du Maroc, du Liban, de Palestine, d'Iran...., des images mettant en avant aussi bien l'art du portrait que des méthodes plus expérimentales de l'art du photo-montage. 
J'ai trouvé cette édition riche en découvertes sur la scène arabe qui foisonne de talents, de regards différents. Pourtant dans l'ensemble, cette nouvelle édition m'a confirmé des coups de coeur de photographes dont je suis le travail plutôt que de réelles découvertes, sauf évidemment de rares exceptions.

Petit tour d'horizons, entre "coups de zinc", confirmation et découvertes...

Pour les invités, je découvre Bahman Jalali représenté par la Silk Road Gallery, Fouad El Khoury, dont j'ai aimé la mélancolie, la nostalgie de ces photos en noirs et blancs d'une autre époque qui m'ont littéralement transporté; Malik Nemji ou Raja Aissa et leurs univers esquissés avec pudeur et retenus...

                                           Fouad El Khoury, Tanit Gallery, Munich


                                            Malik Nemji, Galerie 127, Marrackech

Et les autres, alors? 

Je suis bien entendu aller faire un tour dans une de mes galeries préférés: La FOIL galerie qui représente Rinko Kawauchi que j'adore. Je découvre de nouvelles photos de Yoichi Nagano, puis direction la G/P galerie pour Yoshihiko Ueda.
Cap vers l'Afrique du Sud et arrêt également chez Michael Stevenson, la galerie basée à Cape Town qui représente Pieter Hugo découvert par le petit monde de la Photo, il y a quelques années à Arles. Ses dernières photos, toujours sombres, à la fois sourdes et violentes renforcées par l'intensité et l'esthétisme des mises en scènes, sont remarquablement mises en avant. Il me met à la fois mal à l'aise, me fascine par cette force calme, cette bestialité pour certaines, à la fois esthétique, retenue, maitrisée qu'il nous renvoie sans accro. Je suis inconditionnellement admirative.
 
Du coté anglo-saxon, à la Robert Koch Gallery, je découvre Amy Stein et sa façon de regarder les moments du quotidien, entre onirisme et documentaire me séduit...

Amy Stein, Robert Koch Gallery
Dans un autre genre, coup de coeur pour la photographe anglaise,  Lotties Davies qui dans ce qu'elle propose à Paris Photo, met les souvenirs de rêves ou de cauchemars au coeur de ces photo-montages. Derrière le coté esthétique, à la fois très travaillé et lisse de ses photos très colorées, une autre dimension plus mélancolique et profonde apparait. Je découvre son travail sur son site. C'est décidé, je la suivrais d'expos en festivals. Tout comme Julie Blackmon représentée par la Robert Klein Gallery où l'innocence, la malice et la liberté de l'enfance, semblent au coeur de son travail.
Le sud n'est pas en reste, entre Massimo Vitali dont les grands tableaux de lumière blanche saturée renvoie toute une analyse sur l'art de la plage et des loisirs. Il me séduit évidemment toujours et son changement de regard; des parcs d'attractions aquatiques artificielles aux plages plus naturelles, ne sont pas pour me déplaire. Petite nouvelle dans le paysage des galeries de Paris Photo, Galerie Pente 10, de Lisbonne, présente les photos de Rita Barros qui traque les détails du quotidien pour en esquisser des nature mortes paradoxalement très vives et des autoportraits où le sérieux n'est pas de mise.Anna Malagrida, barcelonnaise, propose quant à elle, des photographies à la frontière de la peinture abstraite et joue avec les sens, les couleurs et les volumes. Et ceci n'était qu'un petit aperçu car il y a encore tellement d'univers et de photographes à découvrir...
 

Massimo Vitali 

 

Publié dans Expositions

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article