"Val de Grâce" de Colombe Schneck

Publié le par Bab's




"Val de Grâce"est un petit bijou. Je viens de finir de le lire et je me sens légère avec l'envie de m'envelopper dans quelque chose de doux et vaporeux, envie de partager le bonheur de l'avoir découvert...

"Val de Grâce" c'est un hymne à l'écrin de douceur, d'extravagance, de luxe, de fantaisie et d'intelligence dans lequel à vécu pendant vingt-trois ans, l'auteur, Colombe Schneck, journaliste sur France Inter et I-Télé.

De façon plus pragmatique, "Val de Grâce" c'est l'appartement de la famille Schneck, 200m² près du jardin du Luxembourg à Paris. LE centre du monde, un monde d'amour et d'absolu.

Elle donne d'ailleurs le ton dès le début, d'une plume  sincère : "Est-ce qu'on me pardonnera d'avoir été aimé à ce point?". 

Suite au décès de sa mère d'une tumeur au cerveau; "Le Val de Grâce" mourra derrière elle et c'est l'heure du bilan; à quarante ans, pour cicatriser, grandir, avancer.

"Val de Grâce" c'est le temps de l'innocence, de l'inscouciance d'une enfance chérie et idyllique, que les parents, juifs askenazes, ont toujours voulu préserver; eux qui ont vécu la guerre, la violence, la perte des proches et les privations.

Au "Val de Grâce", même lorsque la moquette commence à devenir grise, les rideaux transparents, l'amour et la joie le font jaillir de milles lumières. "Val de Grâce" ou l'éveil des sens, l'éveil à la vie, une vie sucrée, remplie de fêtes où Colombe voit défiler différentes personnalités. Oui, elle a été heureuse; grandiosement, outrageusement, dans une famille qui s'aimait, dans une famille où la liberté et la joie étaient les maîtres de mots d'une bonne conduite. Colombe en est consciente et avoue avec un charme désarmant cette anecdote: lorsque son père lui offre un voyage pour aller voir son idylle monsieur Fred Astaire, chez lui à LA alors qu'elle n'a que huit ans: "Fred Astaire s'est penché vers moi, m'a embrassé sur le front et m'a dit, "well, miss, shall we dance?", j'ai éclaté en sanglots. Même après huit ans de Val de Grâce derrière moi et une certaine habitude de voir tous mes rêves se réaliser, c'était trop."

Dans cette société où l'apologie de la victimisation et du malheur a bonne côte, Colombe Schneck assume et dit le bonheur qu'elle a eu. Elle conte la chance de ce magnifique héritage. Le "Val de Grâce" est désormais vendu, mais il vivra éternellement en elle. Et oui, ça m'a ému, car c'est juste, sa plume ne dérape pas mais virevolte comme la jeune danseuse qu'elle était, avec humilité et une infinie tendresse.

"La petite princesse" a grandit et c'est un vrai, bel auteur.




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